28 juin 2018

La Camera delle Lacrime (dir. Bruno Bonhoure et Khaï-dong Luong)

Dante Troubadour, La Divine Comédie
Les sphères du Paradis

Il y a 700 ans, Dante Alighieri (1265-1321) rédigeait la Divine Comédie, voyage en Enfer, Purgatoire et Paradis. La rédaction de cet ouvrage majeur de la littérature, probablement un des plus notables de la période médiévale, a été réalisée en toscan, langue qui est devenue, grâce au rayonnement de l’œuvre, la langue de l’Italie.
Avec la Divine Comédie, Dante crée deux Paradis : celui du paradis terrestre qu’il rejoint après une purification par les flammes après l’ascension de la montage du Purgatoire, et celui des dix sphères célestes qui forment le théâtre du Paradis.

1290, Béatrice meurt et rien n’égale la violence du chagrin que Dante ressent de cette perte. 1291, Dante écrit la Vita Nova où il se met en scène dans ce qu’il appelle « la chambre des larmes ». Là, Béatrice lui révèle qu’elle est morte… Et elle lui donne rendez-vous au Paradis ! Dante ressort de La Camera delle Lacrime pour commencer une vie nouvelle…
Il commence alors l’écriture de la Commedia où il se met à nouveau en scène dans un voyage initiatique de l’Enfer au Paradis pour retrouver Béatrice. Voyager de l’Enfer au Paradis, c’est s’élever vers la musique, vers l’abstraction, vers le savoir. Il en va ainsi pour les âmes que Dante rencontre. Elles étaient déjà réduites à des ombres dans les précédents volets, elles deviennent des étincelles chantantes à mesure qu’il s’élève vers l’Empyrée.

C’est donc tout naturellement que l’ascension de Dante dans ce troisième volet est accompagnée de musique. L’auteur mentionne les hymnes, les psaumes qu’il entend, ainsi que les âmes qu’il rencontre telle la figure du troubadour Foulque de Marseille (1150-1231).

Carlo Ossola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des littératures modernes de l’Europe néolatine et spécialiste de Dante, voit aussi dans l’ascension vers Béatrice une forme de pèlerinage vers la Vierge. C’est ainsi qu’en complément des pièces mentionnées par l’auteur, nous avons ajouté au répertoire des laudes à la vierge et aux saints du manuscrit de Cortona, codex du XIIIe siècle, avec au moins deux formes de caractères : l’un dynamique pour rappeler la félicité de l’ascension, l’autre méditatif et mystique dans l’esprit de l’extase et de la contemplation.

Après les Cercles de l’Enfer avec Denis Lavant, la Montagne du Purgatoire avec Matthieu Dessertine, l’ensemble a choisi la comédienne Camille Cobbi pour prêter sa voix à l’œuvre du poète florentin dans des lectures à voix nue ou accompagnées de musique instrumentale par trois musiciennes. Reprenant à son compte les hypothèses de plusieurs chercheurs, Bruno Bonhoure chante en italien des extraits de la Divine Comédie.

Le projet Dante Troubadour, la Divine Comédie est en résidence au Sémaphore de Cébazat de 2017 à 2019. CD du premier volet INFERNO disponible sur le site de la compagnie et en téléchargement sur itunes, google play, deezer etc… Date de sortie officielle, le 27 août 2018.

Equipe artistique :

  • Khaï-dong Luong conception, mise en scène
  • Bruno Bonhoure direction musicale, chant, bombo legüero
  • Camille Cobbi, comédienne lectrice et chant
  • Michèle Claude, percussions, tympanon
  • Cristina Alis Raurich, organetto
  • Stéphanie Petibon, cordes frottées et pincées
  • Jean Bouther, régisseur, son, lumière

Camille Cobbi

Camille Cobbi a été formée en chant lyrique à la Maîtrise de Radio-France et au théâtre au Cours Florent (Classe Libre) et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, qu’elle intègre à 18 ans. Depuis, elle a travaillé avec différents metteurs-en-scène, sur des scènes nationales, tels que Christophe Rauck, Gabriel Dufay, Jean-Pierre Garnier, Sophie Rousseau, et Olivier Py, dont elle fut la Juliette pour son « Roméo et Juliette » au Théâtre National de l’Odéon. Elle s’intéresse aux projets multidisciplinaires, et n’a de cesse de continuer sa formation et ses recherches en chant, danse, théâtre… Elle fait ainsi partie de la formation des Glottes Trotters, avec Martina A. Catella, en chants traditionnels du monde.

La Camera delle Lacrime – Bruno Bonhoure/Khaï-dong Luong

L’expérience du spectacle vivant

La Camera delle Lacrime se caractérise par une double conduite artistique assurée par le chanteur Bruno Bonhoure et le metteur en scène Khaï-dong Luong. La conception des programmes, le choix des répertoires, l’invitation faite aux musiciens et aux chanteurs s’opère toujours après un temps important de questionnements et de réflexions. C’est ce qui fait la force et l’identité singulière de cet ensemble.
L’innovation et la recherche du sens sont les deux défis permanents que se pose cette formation depuis sa création en 2005.
Avec le concours de spécialistes et universitaires, La Camera delle Lacrime a pour vocation la création de pratiques spectaculaires organisées à partir de sources patrimoniales du Moyen Âge, essentiellement des XIIe et XIIIe siècles dans une perspective contemporaine qui prend acte de l’écart entre la source médiévale et sa manifestation sonore et visuelle lors du spectacle produit.
Son activité de diffusion professionnelle permet à cette compagnie de présenter ses créations en France dans les hauts-lieux de la musique classique et de la musique ancienne : Philharmonie de Paris, Festival de la Chaise-Dieu, Fondation Royaumont, scènes nationales et conventionnées, maisons d’opéras.

La Camera delle Lacrime reçoit le soutien du Ministère de la Culture / Drac Auvergne-Rhône-Alpes et du Conseil Régional d’Auvergne-Rhône-Alpes au titre des ensembles conventionnés.

Pour consulter leur site internet :

www.lacameradellelacrime.com