Cette vièle a été réalisée d’après une sculpture de la cathédrale Saint Maurice d’Angers.
Le portail occidental de la cathédrale d’Angers date de la seconde moitié du XIIe siècle, époque à laquelle la nef fut construite. Entourant un Christ en majesté et les symboles des quatre évangélistes, les voussures extérieures présentent 2 rangées de Vieillards de l’Apocalypse tenant chacun dans une main une coupe et dans l’autre main une vièle. La scène illustre le verset 5-8 de l’Apocalypse de saint Jean.

Portail de la cathédrale d’Angers Certains des 24 vieillards de l’Apocalypse

Les vingt-quatre instruments sculptés sur le portail de la cathédrale mesurent environ 32 cm. Ils sont tous de type vièle à archet mais chacun possède des détails organologiques différents. C’est ainsi que la découpe du cheviller, la forme des éclisses et des ouïes, les cordiers et leurs nœuds d’attache diffèrent d’un instrument à l’autre.
Nous sommes donc en présence de variantes d’un instrument modèle que le sculpteur a représenté et même savamment représenté car toutes ses variations sont fonctionnelles. On peut légitimement penser que l’artiste/artisan avait une parfaite connaissance de l’instrument, car tous ces détails sont très réalistes à tel point qu’il serait possible d’en faire une restitution.

Ces vièles présentent toutes une caisse peu épaisse prolongée par un manche plat, sans touche taillée dans la masse ou rapportée. Le manche, assez large, ne possède pas de renversement par rapport à la caisse. Le cheviller, de forme ogivale fait un angle d’environ 45° par rapport au manche. Trois chevilles traversent la tête de l’instrument, elles permettent de tendre et d’accorder les cordes. A l’autre extrémité, ces cordes sont attachées sur un cordier rectangulaire maintenu par une lanière passée derrière une cheville enfoncée au talon de l’instrument. Les cordes sont très hautes par rapport au manche.

En savoir plus sur ces sculptures.
L’instrument a été une commande du CIMM dans le cadre d’un atelier de restitution donné par Olivier Pont à Saint Guilhem-le-Désert pendant le festival Les Marteaux de Gellone 2024.
Les participants sont intervenus sur tous les postes de fabrication, lors des temps de séchage par exemple, afin de voir toutes les techniques. Les reconstitutions ont été réalisées avec des techniques modernes, mais les techniques traditionnelles ont également été évoquées.
L’instrument a été replacé dans son contexte historique.
Le corps de l’instrument et le chevalet ont été réalisés en bois d’érable, le cordier, les 3 chevilles et le sillet de tête en alisier. Les cordes sont en boyau.