Atelier avec Audrey Lecorgne et Julian Cuvilliez : reporté

Julian Cuvilliez et Audrey Lecorgne avec le Buste du Barde à la Lyre au SRA Bretagne Crédit – Laureen Keravec

Du 16 au 23 mai 2020 à Saint-Guilhem-le-Désert

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L’atelier présenté par les luthiers :

Ce stage ainsi que la réalisation de l’instrument dont il sera le sujet, s’inscrit dans la continuité du projet LEIA (Lyra Experience Innovative Acoustics) initié par Julian et Audrey avec le PRIAE en partenariat avec le musée Archéologique de Cologne (DE), l’ITEMM (Institut technologique Européen des métiers de la musique), le LAM (Lutheries – Acoustique – Musique) et le CIMM.

En début 2020, Julian et Audrey dirigeront une mission du PRIAE qui effectuera différents relevés consacrés à un chevalet de lyre en bronze découvert à la fin du XIXe siècle dans une sépulture mérovingienne. Ne disposant que d’une documentation fragmentaire, cet objet méconnu, fut conservé jusqu’ici au sein du Musée Archéologique de Cologne. L’équipe mesurera le chevalet sous toutes ses coutures, photos, numérisations 3D, photogrammétries, vibrométrie laser (etc.) l’équipe usera des dernières techniques afin de mettre en lumière ce précieux artéfact et mieux comprendre sa fonction, ainsi que ses  propriétés mécaniques et acoustiques.

Cette étude permettra également de révéler la nature exacte de l’alliage de bronze employé pour la réalisation de ce chevalet, ce qui permettra de le reproduire à l’identique à des fins expérimentales.

Durant le stage, nous proposerons une approche du protocole d’archéologie expérimentale appliqué à la facture instrumentale développé par l’Atelier Skald, en collaboration avec les différents acteurs du PRIAE.

Nous proposerons d’accompagner les stagiaires dans la réalisation d’une lyre mérovingienne (soit la lyre d’Oberfacht retrouvée dans la nécropole du Würtemberg (VIe), soit la Lyre de Cologne (VIIe) découverte dans la chapelle de Saint-Séverin de Cologne ) qu’il s’agira de fabriquer avec des outils reconstitués.

Une fois l’instrument terminé, il s’agira de l’encorder avec la reconstitution du chevalet de bronze reproduit grâce au travail effectué avec l’équipe du LEIA, pour ainsi, nous rapprocher d’un son perdu depuis quatorze siècles.

Un petit mot sur les luthiers : 

Après un tour de France, ce couple d’artisans se spécialise dans la reconstitution des instruments de l’antiquité et du haut Moyen Âge, faisant de la Lyre l’axe central de ses recherches et de sa production au sein de son atelier situé en centre Bretagne et qui fêtera cette année, son 17e anniversaire.

Fondateurs du Pôle de Recherche, d’Interprétation et d’Archéologie Expérimentale, Julian et Audrey dirigent chaque année plusieurs missions consacrées à des artefacts liés à l’histoire de la musique impliquant des technologies de pointe et des équipes pluri-disciplinaires afin de mettre en lumière des pans méconnus de l’histoire.

Entre 2012 et 2014 et, parallèlement à l’organisation des Rencontres Internationales de Lutheries et de Musiques Historiques de Puivert ; leurs recherches, sujet d’un précis préfacé par le Dr Gisèle Clément, permettent de démontrer l’existence d’un instrument médiéval longtemps considéré comme un symbole et aujourd’hui réhabilité : le Psaltérion en Écu.

Salué par la communauté scientifique ainsi que par la région Bretagne en 2014, leur travail de numérisation 3D consacré à l’un des trésors de Bretagne, (le buste du Barde à la lyre) révèle grâce aux nouvelles technologies, des aspects imperceptibles à l’oeil nu, permettant de mieux comprendre ce patrimoine armoricain sur lequel figure l’une des rares représentations connues de lyre gauloise. Leur travail de reconstitution a notamment permis depuis, le retour de cet instrument dans les écoles de musique.

En 2016, ils coordonnent une équipe dont la mission à haut risque, permettra de scanner l’ensemble de l’instrumentarium du château de Puivert, y compris les représentations instrumentales situées sur les parois extérieures de l’un des plus hauts donjons du XIVe siècle.

En 2019, Julian et Audrey dirigent l’Infinity Project et, avec la complicité d’Alan Stivell, passent au scanner tomodensitométrique la première « Harpe Celtique », révélant ainsi certains secrets de fabrication de cet instrument de légende.

Conférenciers, ils présentent chaque année l’avancée de leurs travaux dans plusieurs universités et musées d’Europe (Musée d’Archéologie Nationale de St Germain en Laye, Université Rennes 2, Musée Archéologique de St Dizier, Musée Archéologique de Jublains, Alamanic Museeum Elwangen (DE) etc…)

La force de ce duo s’inscrit dans la transversalité de son approche, alliant Artisanat, Art et Science dans l’esprit de rendre accessible à tous le fruit de ses recherches par des concerts, des conférences, des ateliers ainsi que des interventions en milieux scolaires ou encore, la création de la Lyre Academy dispensant l’enseignement de la lyre dans de nombreuses antennes en Bretagne, participant à la démocratisation de l’antique instrument des bardes.

2 commentaires sur « Atelier avec Audrey Lecorgne et Julian Cuvilliez : reporté »

  • C’est très intéressant ,mais je ne vois pas comment l’on peut refaire une lyre ,à partir d’une sculture. La pierre est dur et les traits restent approximatifs ici nous n’avons pas de volume cela reste du 2D. Ceci dit les passionnés vont au bout de leurs rêves et c’est bien. Jérôme

    • Bonjour,
      C’est tout le travail des archéo-luthiers et ce que l’on appelle l’archéo-musicologie expérimentale. Ces luthiers appuient leur démarche non seulement sur la source iconographique mais aussi sur les sources archéologiques (rares), littéraires, sur des traités, sur l’histoire médiévale, sur les modes de pensée médiévaux, notamment en termes de calcul de proportions, sur les gestes et techniques des métiers d’art traditionnels. Le processus de restitution est pluridisciplinaire.
      Et, comme vous le dites, ces luthiers sont passionnés ! et passionnants…
      Gisèle Clément

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